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ICH MÖCHTE KEIN MANN SEIN
Deutschland 1918 - Regie: Ernst Lubitsch - Drehbuch: Ernst Lubitsch, Hanns Kräly - Kamera: Theodor Sparkuhl - Ausstattung: Kurt Richter - Darsteller: Ossi Oswalda, Kurt Götz (= Curt Goetz), Ferry Sikla, Margarete Kupfer, Victor Janson - Produktion: Projektions-AG Union, Berlin - Premiere: Oktober 1918 - Archiv: Filmmuseum München - Farbe: schwarzweiß - stumm mit deutschen Zwischentiteln - Länge: 914 Meter, 45 Minuten (18 B/s) - 914 m, 45 min. bei 18 B/s


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Man hat sich bereits daran gewöhnt, mit großen Erwartungen auf einen recht launigen Abend das Kino zu betreten, wenn ein Lubitsch-Lustspiel auf dem Programm steht. Diese Erwartung wurde bei der neuen Ossi-Oswalda-Komödie nicht enttäuscht. Es gab vielmehr sehr, sehr viel Drolliges zu sehen und in den Titeln zu lesen. Das Köstlichste ist natürlich die blonde Ossi in ihrer "tragikomischen" Hosenrolle. Es gab dann auch starke Lachsalven.
(n., in: Lichtbildbühne, 8.5.1920)


Die zur Zeit erfolgreichste und beliebteste deutsche Lustspielfirma Lubitsch und Kräly hatte es sich mit ihrem neuesten, Ossi Oswalda auf den schlanken Leib geschriebenen Manuskript recht leicht gemacht. Denn die Geschichte von dem tollen, übermütigen Backfisch, der sich einmal als Junge ordentlich austobt, dabei in allerlei Nöte gerät und schließlich im Hafen der Ehe landet, ist schon tausendmal vorher in allen möglichen Variationen auf die Bühne gebracht worden. Wenn es trotzdem den Autoren gelungen ist, das Publikum zu stürmischer Heiterkeit hinzureißen, ja, es zeitweise direkt zum Wiehern zu bringen, - ich weiß, daß das kein hübscher Ausdruck ist, aber die Damen hinter mir haben es tatsächlich getan -, so ist ihr Verdienst um so höher zu bewerten. Die Hauptstärke liegt diesmal in den launigen Titeln, die voll Witz und famoser Situationskomik sind, während die Situationen selbst zum großen Teile der Originalität entbehren. Trotzdem schlugen sie mächtig ein, was zum großen Teile auf das Konto der Darsteller zu setzen ist.

Ossi Oswalda entzückte durch ihr sprudelndes Temperament, ihre überschäumende Laune und ihre schelmische Koketterie. Ihr Gegenspieler, der sich gar rasch vom strengen Vormund zum verliebten Anbeter verwandelt, wurde von Curt Goetz elegant, flott und mit diskretem Humor dargestellt. Daß Lubitsch für eine sorgfältige und dabei doch sehr temperamentvolle Regie gesorgt und eine ganze Reihe entzückender Bilder gestellt hat, versteht sich beinahe von selbst.
(Frank, in: Film-Kurier, 8.5.1920)


Von 1916 bis 1920 machten Lubitsch und Ossi Oswalda zwölf Filme miteinander. ICH MÖCHTE KEIN MANN SEIN, ihre achte Zusammenarbeit, ist eine umwerfende berlinerische Komödie, in der das Temperament der Inszenierung völlig identisch wird mit dem Temperament der Komödiantin; wer jemals das, was Damen wie Marika Rökk oder Lilo Pulver auf die Leinwand donnerten, für Temperament hielt, hat Ossi Oswalda nie erlebt. Eine Schönheit war sie eigentlich nicht, aber mit ihrem rundlichen, frechen Gesicht und der entspannten Selbstverständlichkeit ihrer emanzipierten Teenager-Vitalität genau die erquickliche Person, von der sich ein ganzes Regiment Dragoner gerne hätte die Pferde stehlen lassen. Der junge Curt Goetz, in seinen witzig-mokanten Allüren schon ganz der alte Goetz, ist ihr ein idealer Partner.
(Ilona Brennicke/Joe Hembus: Klassiker des deutschen Stummfilms; Goldmann, München 1983)


Profitant de l'absence de son oncle, Ossi, garçon manqué, décide de « vivre comme un homme ». Elle s'habille en conséquence, et s'aperçoit que cela comporte aussi des inconvénients, ne serait-ce que pour trouver une place assise dans le tram. Avant de partir, son oncle a chargé le Dr Kersten de veiller sur elle et, si besoin, de la « mater ». A un bal, Ossi, travestie en homme, rencontre son nouveau tuteur, console ses peines de c?ur et s'enivre avec lui. Au moment de se quitter, ils s'embrassent, sans voir que le cocher a interverti leurs adresses? Ossi se retrouve au matin dans le lit de Kersten et, de retour chez elle, toujours travestie, tombe sur lui. Il la supplie de ne pas révéler ses frasques de la veille. Plus tard, allant réveiller Ossi, il reconnaît en elle son compagnon de beuverie. Ils s'embrassent, non sans qu'elle se soit promise de le mater?

ICH MÖCHTE KEIN MANN SEIN est une pochade enlevée avec style, annonçant de façon décontractée le thème de DIE PUPPE (1919) : Ossi Oswalda se déguise pour révéler le désir d'un homme. Sa « libération » a de savoureux accents féministes avant l'heure. L'ambiguïté du changement de sexe apporte une note réjouissante, les meilleures séquences étant celles où Ossi, au début, découvre les inconvénients d'être un homme, et le retour des fêtards, lorsque son compagnon l'embrasse sur la bouche sans complexe, tout en le prenant pour un garçon.
(N.T. Binh u. Christian Viviani: Lubitsch; Rivages, Paris 1991)


Plus audacieux, plus piquant, apparaît ICH MÖCHTE KEIN MANN SEIN. Tout ici est subordonné au personnage d'Ossi, sorte de garçonne qui a soif de liberté (pas nécessairement sexuelle) et souhaite secouer la tutelle de sa très conservatrice gouvernante. Persuadée que c'est à sa condition féminine qu'elle doit d'être ainsi tenue en lisière, Ossi décide de se travestir afin de bénéficier de tous les avantages habituellement réservés au sexe fort.

Sa chevelure dissimulée sous une perruque, vêtue d'un frac et coiffée d'un haut-de-forme, elle part pour le bal, demande, avec une parfaite aisance, du feu à un passant. Mais elle ne tarde pas à déchanter : elle se fait sermonner parce que, dans le métro, elle n'a pas cédé son siège à une dame, on lui marche sur les pieds, on la bouscule dans la queue du vestiaire ; elle s'aperçoit à ses dépens que les hommes entre eux n'observent nullement les égards de la courtoisie. Dépitée, elle se console en compagnie de son précepteur, présent lui aussi au bal où l'a abandonné son amie volage : les deux « hommes » noient leur chagrin dans le champagne et, au petit matin, se retrouvent enlacés, s'embrassant sur la bouche, pareils à un couple de noceurs homosexuels.

On le devine, tout rentre bientôt dans l'ordre, qu'il s'agisse de l'attraction entre les sexes ou de la division traditionnelle entre leurs rôles dans la société. Sur ce dernier point, ICH MÖCHTE? se contente de notations amusantes mais superficielles (ainsi la gouvernante, « ne comprenant pas » quel plaisir une femme peut éprouver à fumer, confisque la cigarette d'Ossi, puis en tire bouffée sur bouffée, avec un plaisir croissant) ; un certain trouble se dégage, en revanche, des séquences d'apparente homosexualité, qui, dépourvues du caractère de bouffonnerie caricaturale fréquemment associé à ce thème, semblent dès lors exprimer une tentations somme toute naturelle. A cet égard, ICH MÖCHTE? préfigure non seulement le sujet, mais aussi le ton de VIKTOR UND VIKTORIA de Reinhold Schünzel (1933).
(Eithne u. Jean-Loup Bourget: Lubitsch ou la satire romanesque; Flammarion, Paris 1987)


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